Petite plongée d’hiver.
Résurgence du Tabourot

Sujet: Doubs (25)
Date : 26 Février 2007


Pas de neige cet hiver dans le Doubs, de la pluie, du vent et puis des températures presque clémentes pour la saison. Nous en profitions pour plonger dans cette partie du Jura. Après plusieurs plongées au puits de la Brème, nous montons au Tabourot où nous avions effectué une incursion en 2005. Toute la famille, Michel et moi-même participons à la ballade, avec un sherpa et deux kits bien garnis. Le cirque de Consolation reste toujours aussi beau, même dans la grisaille hivernale.
L’eau descend en cascade de la falaise, mais le débit reste faible, cette petite résurgence est plongeable malgré les fortes pluies des derniers jours.



Je m’équipe et c’est avec plaisir que je pars léger, juste avec deux quatre litres. Depuis quelques mois, j’abandonne le circuit ouvert pour le recycleur en circuit fermé et l’équipement, la mise en œuvre devient à chaque plongée plus lourde. Ici, c’est presque un retour aux sources, avec juste l’essentiel. Et c’est léger que je me glisse dans l’étroiture d’entrée, toujours aussi étroite.
Un nouveau fil est posé, il y a eu de la visite dans ce siphon perché et perdu dans la forêt. Comme quoi de parler de nos plongées, ça fait venir du monde. La confiture attire les mouches. Le nouveau fil s’interrompt 90 m plus loin, des bribes d’anciens fils traînent en vrac dans la galerie. Pas sympa vu l’exiguïté des lieux, le camarade plongeur n’a pas fait le ménage…. ! Dommage, car maintenant par endroit, il y a 3 fils, on se croirait au pays de l’araignée.
Je continue à équiper la galerie, étroite, toute droite et je parviens au dernier terminus à 110 m de l’entrée. Comme je l’avais entrevu lors de la dernière plongée, la galerie oblique presque à 90° sur la droite. Il semble y avoir deux passages, un bas et un haut. Je passe par le haut, c’est étroit mais en 4 litres, on passe partout. J’adore ce moment où tu commences à partir dans l’inconnu. C’est simple, c’est limpide, c’est génial. Du plaisir à l’état brut. A priori personne n’est venu, pas de fil. Le siphon s’enfonce doucement, des trous dans le sol laissent entrevoir une partie basse de la galerie. Le passage devient plus étroit et un trou me permet de basculer la tête en avant vers le bas où c’est plus grand. C’est intime, juste comme on aime, ça frotte de partout, j’avance, je ne peux pas faire autrement d’ailleurs car c’est trop étroit pour faire demi-tour. Je surveille mes manomètres, j’ai presque perdu l’habitue avec le CCR… ! Avec des 4 litres, ça file vite et j’ai largement atteins mes réserves. Ce n’est pas raisonnable, mais d’une part l’excitation me pousse un peu plus loin et d’autre part j’essai de trouver un coin plus spacieux pour faire volte face. Enfin, ça y est… ! Le masque collé à la roche, le pif écrasé sur la paroi, le détendeur tordu, j’arrive tant bien que mal à me retourner. J’accroche le fil, bien tendu, je coupe et je commence la topo. Je jette un œil aux manomètres, hum, hum… ! « Va pas falloir traîner mon gars… ! »
Heureusement le profil de la galerie est simple et les relevés filent bon train. Ensuite, en très bon élève, entre deux écritures sur l’ardoise, j’enlève les vieux fils. N’ayant pas pris de dévidoir vide, j’enroule ça autour de mes doigts. Faut faire avec les moyens du bord. Le visibilité est moins bonne qu’à l’aller, forcément, mais rien de terrible. Ca reste tout à fait acceptable. Surtout après deux jours passés au Puits de la Brême où là, c’était de la pure plongée dans la purée de poix… !

Lire en pdf : TOPO TABOUROT


J’arrive vers la sortie et le franchissement de l’étroiture se passe comme une lettre à la poste. Je ressors après 25 minutes de plongée. Heureux de cette modeste mais géniale exploration. Cinquante cinq mètres de premières dans un siphon très mignon suffisent largement à me combler de joie et de bonheur. Comme quoi, avec peu de chose on peut facilement être heureux. Pas besoin de forcément cavaler à des kilomètres de l’entrée où à des profondeurs indécentes pour s’éclater… !



Ensuite, rangement vite fait du matériel dans les kits. Nous redescendons en bas du cirque, juste le temps de nous se changer et nous voilà repartis vers chez nous. Le week-end est terminé. Le lundi va être plein de belles images limpides, de roches sombres et bulles argentées.
A suivre…. !


© BullesManiacs 2002