Grotte de Corveissiat
RAPPORT D’EXPLORATION 2002

Sujet : Ain (01)
Date : 29 Septembre 2002

SITUATION
Sur la commune de Corveissiat. Ain. Prendre la route en direction de Thoirette. Avant un tournant à gauche, la grotte est indiquée par un panneau. Un sentier s’ouvre dans le mur, à droite toute. Il descend le long de la falaise. Arrivée en bas, un chemin emmène le long de la roche, au porche d’entrée.

DESCRIPTION
La grotte s’ouvre aux pieds d’une falaise imposante et au fond d’une reculée profonde, le vallon de la Balme. La résurgence de Corveissiat marque l’apparition des eaux perdues 4.4 kilomètres plus loin à la perte de la Cabonne. Une coloration a été réalisée en 1996. Entre les deux et sur l’axe supposé de circulation des eaux se trouve le gouffre d’Alencia.


ACCCES
L’accès à la grotte est soumis à autorisation. Une convention a été établie entre la Mairie de Corveissiat et le CDS 01. Les spéléos locaux détiennent des clefs en permanence. Une autre clef est disponible en mairie.
A chacune de nos incursions, nous entrons en contact avec Monsieur le Maire. D’une part nous lui demandons l’autorisation d’accéder à la grotte et d’autre part, nous le tenons informé des évolutions de nos explorations.
Afin de ménager la chèvre et le choux, à leur demande, nous prévenons aussi les plongeurs et spéléos locaux de chacune de nos visites.



HISTORIQUE (informations recueillies au près de Christian Locatelli.)
1954. Les Lyonnais du Clan de la Verna s’intéressent à la résurgence. Michel Letronne et Daniel Epelly plongent le S1. Ils ressortent dans la salle 1 et ils tentent de trouver la suite. En vain.
1974. Plongée de Christian Jarret et de Lylian Rota du SDNO, ils réequipent le premier siphon.
Ils replongent trois mois plus tard en compagnie de Christian Locatelli et de René Niogret. Le S2 n’est toujours pas trouvée.
1975. Lylian Rota et René Niogret traversent le S2. Christian Locatelli et Didier Loomans les suivent.
Quelques jours plus tard, Christian Locatelli et Lylian Rota traversent le S3 et ils découvrent une grande salle.
Un effondrement se produit suite à d’importants tirs d’explosifs sur la route au-dessus de la grotte. Le passage du S3 est bloqué. De plus une porcherie déverse ses effluents dans la nature. Les eaux et la grotte subit une pollution importante.
1990. Fin des activités de la porcherie et réduction de la pollution. A partir de cette période, les plongeurs du SDNO, Philippe Buire, Jean Marc Poncin, François Bornéat et Laurent Mestre replongent dans la grotte. Ils entreprennent la désobstruction du passage dans le S3.
1995. C Locatelli replonge le siphon.
1996. Philippe Buire assuré par JM Poncin escalade la cheminée derrière le S2. Sans résultat.
1998. P Wohrer plonge plusieurs fois dans la grotte. Accompagné de Nicolas Maigan qui trouve le passage dans une trémie composée de blocs imposants. Ils ressortent dans la Salle 4.
1999. Marc Ferrante et P Wohrer découvre le S5 et ils débouchent dans la Salle 5. Une galerie horizontale est parcourue par PE Deseigne jusqu’à un siphon. (Non plongé).
En parallèle, des escalades sont réalisées par l’équipe du SDNO.
2000. C Locatelli et M Beltrami plongent le siphon, au bout de la galerie horizontale. La trémie instable bouge, ils renoncent suite à cet incident.
C Locatelli, Ph Buire et F Bornéat découvrent l’actif et donc le S5. Ils s’arrêtent sur un « bouchon de sable », le courant arrive par une faille en plafond, jugée impénétrable.



EXPLORATION des « Parisiens ».

2001 et 2002. Reprises des explorations de la grotte avec une régularité et une méthodologie plus conséquente.

Décembre 2001. Nous plongeons pendant plusieurs jours dans la grotte.
Les résultats sont à la hauteur de nos engagements. Michel Dessenne pressent la suite dans le « cul de sac » du S5. En effet le passage est dans la faille remontante. Hervé Cordier et Pierre Eric Deseigne passent dans l’étroiture. Ils sortent le S5 et débouchent dans une conduite forcée inondée puis aérienne. Elle se divise en deux branches. L’une conduit à un court S6 qui ressort dans un lac. Une salle n°5 est découverte au bout de ce lac. Elle est de belles dimensions, 40 mètres de haut, trente de large. L’autre conduit emmène à une cheminée très argileuse et à un petit siphon, non plongé. Nous plongeons le lac et nous entrevoyons le départ du septième siphon.
Temps passé sous terre, 3 heures.

Fevrier 2002. Serge Césarano, Hervé Cordier et Pierre Eric Deseigne plongent le S 7. Ils ressortent dans une salle modeste, la voûte aérienne de la rivière. Ils continuent dans le S8, ressortent dans la rivière souterraine. Ils arrêtent leur progression devant le départ supposé du S9.
Temps passé sous terre, 6 heures.

Mars 2002. Pierre Eric Deseigne lors d’une plongée en solitaire découvre le S9. La galerie s’enfonce dans la zone des – 25 mètres. Il s’arrête sur autonomie.
Temps passé sous terre, 3 heures 30.

Avril 2002. Hervé Cordier et Pierre Eric Deseigne replongent le S9 et ils prolongent de quelques dizaines de mètres le siphon sans le sortir. La suite reste à trouver, car la galerie forme en cet endroit un cul de sac…
Temps passé sous terre, 5 heures 30.

Juin 2002. Pierre Eric Deseigne replongent le S9. Visibilité médiocre et courant invisible. Toujours pas de suite. Niveau des eaux très basses, une partie des siphons se vident et se transforment en voûte mouillante.
Temps passé sous terre, 3 heures 30.



CONCLUSIONS ET BILAN.

La résurgence de la grotte de Corveissiat devient un objectif majeur. Après des années de « c’est fini », « ça ne passe pas », la voie est ouverte pour de belles explorations.
Les eaux reviennent à l’air libre par une belle et large rivière souterraine. En fin de parcours, entre le S2 et le S5, l’écoulement de la rivière est contrarié par de nombreux effondrements. Le plafond de la galerie est descendu en de nombreux endroits.
Mais à partir du S6, la galerie reprend ses dimensions généreuses. Aussi bien en inondée qu’en exondée. Nous évoluons dans le lit principal de la rivière souterraine.
Le passage très étroit en fond de S5 est une contrainte importante quant à l’acheminement de blocs de gros volumes. Ils s’avèrent dors et déjà indispensables à la vue du développement et des profondeurs croissantes. Le développement de la grotte est passé de 300 mètres environ à 800 mètres.

PREVISIONS.

- Trouver la suite.
- Installer un point chaud en post siphon. (Salle n° 5)
- Réaliser une topographie complète du réseau.
- Tenter une escalade dans la salle n° 5.
- Réaliser un reportage photographique

PARTICIPANTS.

S CESARANO. H CORDIER. M DESSENNE. M FERRANTE. P WOHRER. PE DESEIGNE.

Nous remercions nos partenaires qui nous aident dans la réalisation de nos explorations :
FFESSM. Soutien matériel et financier.
VIEUX CAMPEUR. Equipement en matériel de plongée et de spéléo.
BIGATA. Equipement plongée haute pression.
PLONGESPACE. Pour le matériel photographique.
CLUB LATONICCIA. Aide matériel, compresseur.



© BullesManiacs 2002