COKTAIL PARTY
Plonger pas bourré.

Sujet : Bricolages
Date : 01 Octobre 2004

Coktail party.

Depuis un certain temps, nous plongeons aux Mélanges. Ca fait bien, "je plonge aux mélanges".
Mais ce n'est pas tant pour frimer devant les filles que pour préserver l'intégrité de nos corps déjà mis à mal par notre activité favorite.



Nous nous y sommes mis par nécessité, parce que les siphons l'imposaient, tout du moins dans la norme de sécurité que nous voulions respecter.

Nous nous sommes formés par compagnonage, par la lecture des documents et autres manuels exsiatant.

Nous avons commencé sagement par le Nitrox, afin de réduire la saturation, la fatigue et les temps de paliers pour des profondeurs raisonnables, jusqu'à 40 mètres.

Ensuite, nous sommes passés au Trimix dit Normoxyque. C'est à dire un mélange respirable de la surface jusqu'à environ 60 mètres, un mélange avec un % d'oxygéne proche des 21 %.

Cette solution permet de garder l'esprit clair, surtout pour moi qui commence à narcoser dès 30 mètres. C'est ça les petitesnatures. Cela permet aussi de se prévenir quelque peu de l'essouflement.



Et maintenant, nous passons lentement aux Trimix plus "lourds" pour des plongées en dessous des 60 mètres, entre 60 et 80 mètres. Notre progression est lente, mais j'adore cette formule "que va piano, va sanno". Lentement mais surement, rythme de pachiderme, évolution lente et progressive. Nous sommes passés de la zone des 40 mètres, puis des 50 et maintenant, nous sommes descendus d'un cran, dans la zone des 80.

Si les siphons l'imposent, selon nos explorations, nous continuerons à descendre dans les profondeurs noyées de la terre.

Cette évolution d'escargot nous permet, à mon avis, d'assimiler pleinement toutes ces techniques et de les maîtriser suffisament pour ne pas se fourvoyer dans des pièges grossiers ou plus subtiles.


Comment qu'on fait ?
Alors tout de suite, nous n'avons rien inventé ! Rien du tout.
Nous avons repris les recettes existantes et nous essayons de les appliquer avec le plus de rigueur.


Mais, néanmoins voici, simplifiée, notre cuisine pour préparer une "Coktail Party"...

1- Préparer son plan de plongée. Déterminer les mélanges, la répartition des bouteilles, leur position dans la galerie.
Car c'est elle, encore une fois qui impose sa volontée. Nous ne pouvons que nous plier à ses caprices. Mais en revanche, nous pouvons nous adapeter le mieux possible afin de la parcourir dans les meilleurs conditions possibles.

Nous définissons le % des gaz, en fonction de la Profondeur et du Temps d'évolution à chaque profondeur.
Nous tenons compte aussi des bouteilles disponibles, des plongées de préparations possibles, du degrès de conservatisme du calcul des paliers, du nombre de personne qui pourrons porter et déposer ces bouteilles.


2 - Une fois que les mélanges sont définis et que le plan de plongée est figé, nous calculons la décompression.
Nous utilisons plusieurs logiciels de décompression, GAP et Decoplanner, principalement.
Sur certaines plongées, plus carrées, nous utilisons parfois les tables IANTD.
L'avantage du logiciel c'est qu'il colle un peu plus au profil de la cavitéqu'une table, mais la programmation des Yoyos restent tout de même très limitée.

L'idéal serait d'utiliser un ordinateur mutigaz tipe VR3, mais notre banquier n'est pas d'accord pour nous l'offrir...
En fonction des résultats que nous donne le Logiciel, il est possible de modifier la programmation des gaz. Nous modifion certains %, nous ajoutonsde nouveaux mélanges, tout ceci afin d'optimiser le plus possible, la plongée et bien souvent la décompression.

Car un Nitrox suplémentaire permet parfois d'économiser de nombreuses minutes de décompression.

3 - Une fois ces deux étapes franchies, il reste à fabriquer les mélanges.
Bien évidemment, comme dans tous les cas où nous manipulons de l'oxygène pure, tout le matériel en contact directe avec l'O2 est dégraissé et regraissé avec une graisse compatible.

Voici donc, shématiquement, le protocole chronologique que nous mettons en oeuvre.


- Faire des étiquettes de Fabrication. Indiquer la prssionde chaque gaz à ajouter, chronologiquement.
(Au début, j'ai fabriqué des étiquettes complexes, avec de nombreuses indications dessus. Trop complexe à mon goût. Maintenant, j'utilise un morceau de scotch. C'est rustique mais cela offre de nombreux avantages. Ca ne peut pas se décoller, tu marques juste l'essentiel, % de gaz à ajouter, Nature du gaz.

- Vider la bouteille
- Raccorder le bloc à la Source (B 50) d'O2, via la Lyre de transfert.





- Ouvrir le bloc.
- Ouvrir la source.
- Laisser monter jusqu'à la pression voulue, doucement.
- Pour un Nitrox, il suffit ensuite de gonfler.
- Pour un Trimix, il faut faire la même chose, mais avec une Source différente, une B50 d'Hélium.





- A partir d'un certain moment, la pression dans la Bouteille Source ne sera plus suffisante pour permettre le transfert de l'Hélium.



Alors, nous sortons le sac de Détente. (Un sac flotteur de bateau pneumatique. Il est équipé d'une d'admission, un inflateur de combinaison étanche et d'un tuyau de raccordement au compresseur)



L'Hélium est détendu avec un détendeur, il est ensuite injecté manuellement dans le sac et il est ensuite aspiré par le compresseur pour aller enfin dans la bouteille.






Une fois la pression désirée atteinte, il suffit de compléter la bouteille en terminant le gonflage à l'air.



- Entre chaque étape, il est fortement conseillé de vérifier le % d'O2 avec un analyseur.
(Nous ne disposons pas d'analysuer d'Hélium, donc, la connaissance du % d'O2 est notre seul moyen de contrôle.)

4. La Vérification.
On laisse "refroidir".
On laisse le mélange s'homogénéiser.
On vérifie le % et bien souvent on compléte le gonflage pour arriver à la pression finale à froid.



5. Le Marquage.



Une fois l'homogénéisation terminée et le mélange vérifié, nous Marquons les bouteilles.
Nous utilisons le scotch et nous marquons les indications essentielles.
Je palce les scotch le plus haut possible, c'est à dire, sous la robinetterie. En dessous, c'est moins bien , à mon goût, car les bouteilles sont souvent recouvertes d'élastiques de tuyaux, voir de flotteur, ce qui au final rend bien souvent les étiquettes illisibles.



Maintenant, je colle trois étiquettes.
Une pour indiquer la Nature du Gaz et sa composition. NITROX 40 ou TRIMIX 18/35
Une pour indiquer la Profondeur Maximum d'Utilisation. P MAX - 24
Une pour indiquer la nature du bloc (Relais, déco, sécurité, etc...). RELAIS 1

Je marque aussi les détendeurs, même au dernier moment vous savez ce que vous allez mettre dans votre bouche.




6 - Le Matériel indispensable que nous utilisons :

Des raccords pour rendre compatibles les différents types de robinetteries (Raccord O2 et raccord Hélium)
Une lyre de transfert.
Un tableau de fabrictaion des mélanges.
Un feuille de préparation des bouteilles.
Du scoth et des feutres résistants à l'eau...
Un sac de transfert
Un détendeur
Un compresseur
Une bouteille Source (Oxygène ou/et Hélium)
Une bouteille
Une clef anglaise pour visser et dévisser les raccords
Un surfiltre, pour capter le plus de graisse et d'humidité possible.




7 - ARTUNG !
ESSENTIELLE :
La vérification de toutes les bouteilles et le marquage des bouteilles doit être fait avec la plus grande Rigueur.
IL EN VA DE VOTRE VIE.
Une erreur d'utilisation, de marquage peut conduire à la MORT.
Utiliser un mélange inadapté à une profondeur inadaptée peut provoquer la MORT IMMEDIATE, soit par Hyperoxie ou par Hypoxie.


8 - Le reste.
Fabriquer ses mélanges dans le calme, cela va du calcul du mélange jusqu'au marquage. Toute la chaîne de fabrication doit se faire posément.

Fabriquer ses mélanges suffisament en avance pour ne pas être pressé par le temps.
Fabriquer ses mélanges avec méthodes et organistaion.
Ne rien faire d'autre pendant la fabrication des mélanges. (Rester concentré, sinon c'est le meilleur moyen de se tromper dans le % des gaz...

Et 1 % d'oxygéne en plus, ce n'est pas forcèment grave à 15 m, mais ça peut le devenir à - 100 m...)
Toujours vérifier ses mélanges avant de plonger. Le plongeur/utilisateur vérifie toujours les bouteilles qu'il utilise.
Toujours vérifier ses bouteilles avant une nouvelle utilisation. Même si vous êtes persuadé de l'avoir déjà fait, il y a un mois avec une bouteille qui n'a pas servi depuis...


9 - La plongée.
La bouteille est marquée, vous savez exactement à quoi elle va servir et où elle va aller.
Vous montez un détendeur dessus.
Il est fort utile de marquer aussi le détendeur. Cela offre plusierus avantages. Lorsque vous avez une grappe de bouteilles, aux paliers notament, vous pouvez reporter sur le détendeur des informations essentielles.

Nature du Gaz respiéré. Pour cela je fixe une petite pastille en plastique, à l'aide d'un élastique. On lit dessus N pourNitrox, A pour Air, T pour Trimix.

Même si la visibilité est proche de zéro, vous savez ce que vous allez respirer.
Ensuite, je complète avecun scotch collé sur la gamelle. Décompression Nitrox 40 ou Sécurité Nitrox 40.
Cela permet d'éviter éventuellement des confusions de dernières minutes. Surtout si vous arrivez un peu "chaud" sur le détendeur et sur la bouteille.

Ensuite, lorsque vous avez plusieurs bouteilles avec vous, donc un chapelet de détendeurs, cela permet aussi de distinguer assez rapidement celui que vous désirez utiliser.

Par exemple, vous pouvez vous retrouvez dans la configuration suivante :
2 détendeurs principaux (bi dorsal) marqués T comme Trimix, 2 blocs relais marqués T pour 1 trimix et N pour 1 Nitrox et pourquoi pas 1 bloc de Sécurité que vous remontez marqué N pour 1 Nitrox. Les marquages sur les adhésifs complétants les informations sur la nature des bouteilles.

Bien évidemment, il est primordial de bien vérifier ce que vous allez respirer est adapté à la profondeur où vous évoluez. Perdre quelques secondes et pas la vie..! C'est bien.


CONCLUSION :
Prudence et précaution. Ceci n'est pas une leçon, ni un manuel. C'est juste notre manière de faire. Rien d'autre.
Elle n'a pour but que montrer, échanger, partager.
Pour les novices, si vous décidez de vous y mettre, trouez quelqu'un qui sait, vraiment, pour qu'il vous explique. La pratique vaut meiux que toute théorie et que tout dogme.



© BullesManiacs 2002